Alexandre D’HUY – IMPACT

Première exposition en Suisse

Vernissage le 20 janvier à 18h

Analix Forever & Garage du Cirque – Merci à Süleyman Bahsi
Portes ouvertes à la carrosserie tout le week end
2-4 rue de Hesse, Genève

Le jour où vous entrerez dans l’atelier d’Alexandre D’Huy, à Montreuil, vous ressentirez le froid, même si c’est l’été : le froid de la neige des paysages cartographiés par l’artiste, le froid du métal, le froid des blindés qu’éclaire parfois un froid rayon de lumière. Même le jaune est froid ici.
Un froid qui s’insinuera entre vos omoplates et qui restera là, pendant que vous regarderez la matière peinture, pendant que vous respirerez l’odeur peinture, pendant que vibrera devant vous la couleur peinture. Et petit à petit, vous entendrez les sons : les moteurs, les cliquetis métalliques, les résonances et les échos qui s’entrechoquent à l’intérieur des blindés, le crissement des pneus sur la neige ou le sable, le roulement des chenilles. Et l’espace extérieur à l’atelier et Montreuil tout entier disparaitront dans une brume qui vient d’ailleurs, de la guerre froide, d’un monde impénétrable.
Alexandre D’Huy est aussi déterminé que peut l’être la guerre. Il ne parle pas de sa peinture, il peint. Aucun artifice, aucun simulacre, aucune élaboration, auto-critique, aucun discours conceptuel ni théorique ne troublera votre regard. L’œuvre est là par nécessité. Elle est une évidence. Voilà un peintre à qui nul n’est besoin de demander « Pourquoi la peinture ? » tant est puissante l’adéquation entre le sujet et la palette. Non pas qu’Alexandre D’Huy n’ait rien à dire de son travail – mais l’œuvre prime sur le discours. C’est l’œuvre elle même qui tient le discours dont le spectateur a besoin pour la pénétrer.

Extrait de Le peintre qui venait du froid, par Barbara Polla

Plus on s’approche, plus l’illusion grandit. A distance, l’oeil nous informe que ce sont des chars, des blindés, des avions de chasse, des cibles, des hélicoptères de l’armée. Mais notre corps entier semble pris d’une hallucination et les engins de guerre deviennent bientôt une faune de sangliers, de buffles, d’insectes difformes, d’yeux de cobra, de requins volants. Plus on s’approche des tableaux, plus la peinture est épaisse. Elle forme comme une crevasse. On se demande furtivement si ces tableaux ont été élaborés avec le matériel qu’on trouve dans l’atelier d’un peintre ou si le point de départ ne serait pas plutôt une peau de crocodile qu’on découperait à mesure qu’il faudrait peindre.

Ce monde est celui d’Alexandre d’Huy. Avant d’entrer dans la matière, il est préférable de respirer un grand coup. Les recherches sous nos yeux peuvent s’apparenter à un voyage au bout de l’enfer. Une chose est sûre: l’art ici ne sauve pas du monde. La peinture observe méthodiquement la guerre et ses moyens. Plutôt que s’indigner, il est question de déchiffrer une réalité autonome, de la métamorphoser en lui donnant une perspective autre que celle de l’information en boucle. Parler de la guerre est trop facile. La mort est sur tous les canaux. Abreuvé d’images de destruction, l’homme semble avoir été définitivement chassé du paradis. Le peintre part de l’universalité (la guerre) pour rejoindre la singularité (l’obsession de la série).

Extrait de Les métamorphoses de la guerre,
par Jean-Philippe Rossignol

 

Pendant la durée de l’exposition IMPACT, retrouvez Fighters de Dana Hoey en VIDEO STREET ART au 2 rue de Hesse, Genève.

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