Je fais souvent ce rêve étrange et familier


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PASCAL BERTHOUD @ ANALIX FOREVER

” Je fais souvent ce rêve étrange et familier “

C’est la première fois en vingt ans qu’Analix Forever présente une exposition de sculpture. Mais il s’agit là, il est vrai, d’une sculpture bien particulière : pas de soustraction de matière, pas de moulage non plus, mais une compaction par soudure de bandes d’acier inoxydable pour arriver aux formes familières de ces étranges visages, de ces créatures parfois non identifiées, kafkaïennes peut-être, nos cousins martiens, nos insectes mentaux, nos avatars.

Comme à chaque fois depuis la transformation, en 2011, d’Analix Forever en minuscule Atelier d’Art contemporain, l’artiste invité prend l’espace à bras le corps, inspiré par ses contraintes, et conçoit un travail entièrement nouveau. Et ce n’est pas seulement une exposition que réalise Pascal Berthoud, c’est une installation complète qui s’inscrit dans le lieu, qui en transforme le sol et la vitrine, qui s’étend à l’étage où elle vit aux côtés des traces de précédentes expositions. Cette capacité à intégrer la dimension spatiale de la future installation dès la conception même du travail en atelier est réminiscente des travaux de Berthoud dans l’espace public : qui peut le plus peut le moins. Quant aux références de l’artiste – de l’historien de l’art -, elles sont multiples : du constructivisme à l’abstraction géométrique, de la géologie aux films de science-fiction, de Franz West (Ecolalia, 2010) au Requin de Xavier Veilhan, Pascal Berthoud, pour créer son monde, s’inspire sans en avoir l’air d’autres mondes à la fois proches et lointains. Pascal Berthoud est à la recherche d’une forme inédite, recherche qui constitue l’un des enjeux majeurs de la modernité si familière à l’artiste suisse : “Le monstre et son avatar contemporain, l’alien, (ce qui est autre), parce qu’ils sont des êtres que personne n’a jamais vus auparavant, en sont une métaphore.”

Oui, Pascal Berthoud est suisse. Et il a de la suissitude aussi bien le côté lisse et parfait que l’angoisse sous jacente. Ainsi ses sculptures, formellement parfaites, sont-elles aussi porteuses de l’inquiétante étrangeté qui fait les oeuvres durables. Mais pas seulement ses sculptures : ses dessins aussi. Il est classique d’affirmer que les dessins de sculpteurs sont les plus beaux. Berthoud en tous cas intègre dans le dessin, outre la perfection technique et l’étrangeté encore, une tridimensionnalité qui nous englobe. Un aspect qui saute aux yeux dans l’exposition de groupe “Ricochet” (organisée à la Galerie municipale de Vitry sur Seine par Emmanuel Régent et Vincent Mesaros) : les dessins de Berthoud ressortent de par leur puissante structure, de par leur profonde angoisse, aussi. L’artiste sourit, comme intimidé par ses propres messages “étranges et familiers”, par la recherche de transcendance de la matière qui apparaît comme une évidence, notamment dans ses dessins les plus récents, de grande dimension, beyond sculpture. Comme l’écrivait Richard Leydier, “Certains artistes ajoutent un ingrédient important à leur pratique graphique : la virtuosité technique, qui les affilie immédiatement à plusieurs siècles de tradition de la représentation. Ici, le dessin est fouillé, il gagne en précision et découle d’un système de vision acérée. Parmi d’autres, les oeuvres d’Andrea Mastrovito, Pascal Berthoud ou Katie Brookes relèvent de cette dernière catégorie où des créateurs contemporains, dans un style résolument de leur temps, se mesurent à d’illustres prédécesseurs, qu’ils se nomment Nicolas Poussin, Francisco de Goya ou Max Beckmann.”

Pascal Berthoud est né à Genève en 1970. Professeur à la Haute école d’art et de design (HEAD) à Genève, chargé de cours à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne dans le cadre du Collège des Humanités, il développe son travail aussi bien dans le contexte de l’espace public que dans des lieux spécifiquement dédiés à l’art contemporain.

PASCAL BERTHOUD @ ANALIX FOREVER
” I have a strange and familiar dream… “

This is the first time in twenty years that Analix Forever presents sculpture. Very specific sculpture though: no matter subtraction, no molding, but a compaction, by welding, of stainless steel, to get us to these strange faces, to these unidentified, Kafka-like creatures, our cousins from planet March, mental insects, avatars.

As every time since the transformation, in 2011, of Analix Forever in a tiny contemporary art studio, the invited artist takes over the space and transforms it, inspired by the spatial constraints, and conceives a completely new work. Berthoud conceives here not only an exhibition, but a complete installation that takes over the floors, the window and the upper office level where it intermixes with the traces of previous shows. This ability to integrate the spatial dimension of the future installation since the very first creative steps in his own studio is reminiscent of Pascal Berthoud’s work in the public space, while the references of the artist – of the art historian who he is as well – span from constructivism to geometric abstraction, from geology to science-fiction, from Franz West (Ecolalia, 2010) to Xavier Veilhan’s shark. Pascal Berthoud is searching for novel forms as a real modernist.

Pascal Berthoud, as a perfect Swiss, combines in his sculptures the formal aspect, smooth and impeccable as it should be, together with a deep underlying anxiety. Berthoud’s sculptures and his drawings are both formally perfect and uncanny. It is classical to state that the best drawings are those made by sculptors and Berthoud’s drawings definitively incorporate a tridimensional space that engulfs us in them, and transcends matter, in particular in the most recent big drawings, that move beyond sculpture. The French art critic, curator and writer Richard Leydier does not hesitate to compare Berthoud’s drawings “though definitively of our time, to those of some of the most famous predecessors, such as Nicolas Poussin, Francisco de Goya ou Max Beckmann.”

Pascal Berthoud was born in Geneva in 1970. Professor at the Haute école d’art et de design (HEAD) in Geneva, he also teaches at the Ecole polytechnique fédérale of Lausanne. He presents his eclectic work both in the public space and in spaces specifically dedicated to contemporary art.

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